BBCA X Sibca 2026 – Rencontres au sommet !

Climat : l’immobilier doit de conjuguer atténuation et adaptation

 

« On ne pourra pas vivre normalement à +4 degrés. » Le constat, formulé par le climatologue Jean Jouzel, a donné le ton de la cérémonie des Trophées et Grands Prix de l’Association BBCA, le 2 septembre 2026 au SIBCA. Face à lui, Florian Lewis, de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP), a détaillé la réponse réglementaire de l’État.

 

Un été qui confirme les projections

Ancien vice-président du GIEC, Jean Jouzel est revenu sur les canicules précoces et prolongées de l’été 2026. Un phénomène qui, selon lui, valide les modèles scientifiques plutôt qu’il ne les contredit : les records de chaleur progressent bien plus vite que les moyennes, jusqu’à quatre fois plus rapidement en Europe. La France a déjà gagné environ deux degrés depuis l’ère préindustrielle, avec des pointes régionales spectaculaires, jusqu’à 8 à 10 degrés de plus en un demi-siècle pour certains records bretons.

 

Vers un monde à trois, voire quatre degrés

Sans inflexion collective, le climatologue anticipe une trajectoire menant à 3 degrés de réchauffement planétaire d’ici la seconde moitié du siècle — soit près de 4 degrés à l’échelle française, compte tenu d’une amplification hexagonale de l’ordre de 50%. Un seuil qu’il juge incompatible avec un fonctionnement normal du pays. Pour Jean Jouzel, l’urgence est donc de préserver la capacité d’adaptation des générations futures, ce qui dépendra directement du niveau des émissions des vingt prochaines années — et de ne jamais opposer adaptation et atténuation.

 

Le bâtiment, entre atténuation et adaptation

Florian Lewis a rappelé que la réglementation environnementale RE2020 s’appuie précisément sur ces deux piliers, avec une analyse du cycle de vie qui dépasse la seule performance énergétique. Le confort d’été, révélateur du volet adaptation, progresse notamment via le projet de loi logement, adopté au Sénat cet été, qui introduit de nouvelles dispositions pour les copropriétés. Autre chantier prioritaire : le risque de retrait-gonflement des argiles, qui concerne 11 millions de maisons individuelles et a coûté plus de 3 milliards d’euros lors de la sécheresse de 2022. Une expérimentation de prévention, dotée de 30 millions d’euros, se poursuit dans onze départements.

 

Électrification et vigilance scientifique

Sur l’électrification des bâtiments — interdiction du chauffage au gaz dans le neuf, essor des pompes à chaleur —, Jean Jouzel a regretté un virage pris trop tardivement, y voyant un double enjeu climatique et de souveraineté énergétique. Il a conclu sur le rôle du Haut Conseil pour le climat, dont les recommandations, jugées « excellentes », restent selon lui trop peu suivies d’effets par les pouvoirs publics.

 

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