La dernière édition de l’étude du Citepa et de l’ABC révèle une grande diversité des empreintes carbone individuelles en France, allant de 3 à 83 tonnes de CO2 par an. Si la moyenne – bien connue – s’établit à 8,5 tonnes, cette fourchette montre que les comportements et les modes de vie creusent des écarts considérables.
Transports et logement : des écarts abyssaux
La fracture carbone est confirmée : 10% des individus les plus émetteurs comptent pour 25% de l’empreinte totale, les 10% les moins émetteurs pour seulement 5%.
Les 10% des ménages les plus émetteurs (22 tonnes/an) dépassent largement la moyenne, notamment en raison de l’usage intensif de la voiture (1,5 tonne/an en moyenne, mais jusqu’à 10 tonnes pour les gros rouleurs) et de logements énergivores. À l’inverse, les 10% les moins émetteurs (2 tonnes/an) privilégient souvent les transports collectifs et des habitations sobres.
L’alimentation et la consommation : des facteurs clivants
L’alimentation, avec une moyenne de 1,5 tonne/an, varie fortement : un régime carné émet jusqu’à 2,5 tonnes/an, contre 0,8 tonne pour un régime végétarien. Les biens matériels (vêtements, électronique) accentuent également les écarts, avec des écarts de 1 à 10 entre les ménages.
Empreinte choisie vs. empreinte subie
Une partie des émissions relève de choix personnels (voiture, voyages, alimentation), mais d’autres sont imposées par des contraintes structurelles : logement mal isolé, offre de transports publics limitée, ou accès inégal à une alimentation durable. Les ménages modestes subissent souvent une empreinte « contrainte » (logement, chauffage), alors que les plus aisés ont davantage de marge pour agir.
Justice climatique : des solutions adaptées
Cette étude montre que les 20% des Français les plus riches contribuent à 40% des émissions, contre 8% pour les 20% les plus modestes. Une transition équitable doit donc cibler prioritairement les gros émetteurs, en mettant en place des incitations à la mobilité durable ou à la rénovation, sans surcharger les plus sobres.
Agir sans uniformiser
Plutôt qu’une approche unique, cette analyse plaide pour des mesures ciblées : véhicules propres pour les uns, circuits courts pour les autres. L’enjeu ? Réduire l’empreinte sans aggraver les inégalités.
À propos de l’étude
Caractérisation de l’empreinte carbone des Français, enquête réalisée par le Citepa et l’ABC, édition d’octobre 2025. Le Citepa et l’Association pour la transition Bas Carbone (ABC), ont publié les résultats de leur nouvelle enquête de caractérisation de l’empreinte carbone des Français portant sur l’année 2023. Ces travaux ambitionnent d’apporter aux pouvoirs publics un nouvel angle d’analyse des comportements, dans leur travail d’élaboration de politiques de transition ciblées, efficaces et justes. Cette nouvelle enquête confirme la « fracture carbone » entre les profils, invalide l’idée d’une moyenne représentative et introduit la notion d’empreinte « choisie » versus empreinte « subie ». Cette nouvelle édition fait suite à l’enquête réalisée en 2023 sur les modes de vie des Français en 2022 et constitue le premier jalon d’un rendez-vous périodique sur la thématique de l’empreinte des Français.
Consulter l’étude > https://www.citepa.org/repartition-de-lempreinte-carbone-des-francais-nouvelle-etude-du-citepa-et-de-labc-2/